2010-09-04 19:48:48
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21-04-2010 : Le jeu

 

LE JEU, C’EST DU SERIEUX
 
Compte rendu de la séance du 31 mars 2010
 
Le Bosquet, Givisiez
 
Sabrina Romeo Prandi, éducatrice de l’enfance
Agnès Ràkoczy, conseillère pédagogique
 
Déroulement de la soirée
 
·        Saut dans le passé de chacun ...
·        Quelques éclairages théoriques
·        A quoi sert le jeu ?
·        Classification des jeux en fonction du développement de l’enfant.
·        La place et le rôle de l’adulte.
·        Les «  bons » ou «  mauvais  » jouets.
·        Echange et questions
 
«  L’enfant est un être qui joue et rien d’autre »
Jean Château
 
  • A son époque déjà, Montaigne écrivait :
  • « Le jeu devrait être considéré comme l’activité la plus sérieuse des enfants. »
  • La psychologie moderne allait lui donner raison reconnaissant à l’enfant son besoin d’expérimenter pour apprendre, de refaire pour son propre compte toutes sortes de découvertes.
 
Jouer pour se construire
 
  • L’enfant existe par le jeu. Il ne joue pas pour apprendre, mais il apprend parce qu’il joue !
Le jeu est comme une vitamine pour l’enfant.
Il est aussi un baromètre de la santé !
 
Jean Eptsein L’explorateur nu Ed Universitaires, 1997
 
  • « Ce n’est pas pour réussir que l’enfant est motivé, c’est parce qu’il réussit qu’il est motivé » !
 
Une réflexion retenue du discours de Philippe Mérieu
 
Jouer = besoin fondamental
 
  • Le jeu ou le jouet sont aussi nécessaires aux enfants que l’air ou la nourriture. La pratique ludique est la seule préparation qui soit à l’occupation heureuse des loisirs de l’homme de demain. Jean Vial, Jeux et éducation (1981).
  • Le jeu se caractérise chez l’enfant comme un besoin.
Si, pour l’adulte, le jeu est un divertissement, une distraction, il est vécu par l’enfant comme une activité sérieuse engageant toutes les ressources de la personnalité, activité par laquelle il s’expérimente et se construit.
 
Jouer permet de répondre aux …
 
Besoins
  • de bouger, de s’approprier de l’espace
  • de détente, de repos
  • de savoir, de développer ses connaissances
  • d’exploration et d’expérimentation
  • d’établir des contacts sociaux
  • de développer sa personnalité
 
Egalement, le jeu permet…
 
·        de faire des choix ; il donne une marge de liberté
·        d’expérimenter la sensation de contrôle et de maîtrise
·        d’exprimer et de maîtriser certaines émotions
·        de se sentir compétent ; il engendre une satisfaction  et une estime de soi.
 
L’enfant expérimente
 
Lorsqu’il se sent compétent le jeune enfant n’est pas perdu devant de nouveaux apprentissages.
 
La réussite est un sentiment qui déclenche la motivation.
 
Les stades selon Jean Piaget
 
L’enfant joue d’une manière propre à son âge.
 
  • Les jeux moteurs ou d’exercices.
  • Les jeux symboliques.
  • Les jeux de règles.
 
Jeux moteurs ou d’exercices
 
·        Jeux de mouvement et d’exploration.
·        Jusqu’à env. 3 ans.
 
Découverte de soi et de la réalité environnante. Il est important de respecter son rythme
.
Attention de ne pas stimuler l’enfant directement en devançant la capacité de l’enfant. Ceci le met en déséquilibre et peut freiner l’apprentissage.
 
En manipulant, l’enfant découvre des formes, des textures, des couleurs et des grandeurs.
 
Les jeux symboliques.
 
  • Des jeux d’imitation et de «  faire semblant  ».
  • Développement de l’imagination.
 
Dès 18 mois jusque vers 6 ans. D’abord sur soi-même puis projeté à l’extérieur. Propres à l’enfance. Racine de la vie intérieure.
Ils sont utiles pour :
  • exprimer et maîtriser certaines émotions (peurs, angoisses, agressivité. Etc.)
  • Comprendre et s’adapter à la réalité.
  • Résoudre, au niveau de l’inconscient, des inquiétudes quoi échappent dans la réalité
  • se confronter aux envies de l’autre.
  • A respecter et à élaborer certaines règles sociales.
  • A développer et communiquer des intérêts.
 
Imiter, reproduire. Faire des expériences de physicien…
 
Jeux à règles ou traditionnels.
 
·        Dès 5-6 ans
·        Jeux traditionnels (cache-cache, marelle, etc.) ou jeux de société (cartes, jeu de l’oie, etc)
·        Ceux qui subsistent à l’âge adulte.
·        L’enfant apprend à se conformer à une loi et à trouver un consensus.
 
Quelles sont les conditions favorables aux jeux des enfants ?
 
  • Le regard respectueux de l’adulte
  • Le temps.
  • L’espace.
  • Le matériel approprié
 
La place et le rôle de l’adulte.
 
  • Le jeu est propriété de l’enfant.
  • L’adulte joue avec l’enfant s’il est sollicité, mais ne prend pas toute la place.
  • Pas de sur-stimulation.
  • L’observation permet de mieux connaître son enfant.
 
  • L’adulte approuve le comportement ludique de l’enfant.
  • Il représente la sécurité.
  • Il est le garant de la réalité.
  • Intérêt profond et respect du jeu.
 
Faut-il laisser du temps au jeu ?
 
  • Suffisant.
  • Essayer d’interrompre le jeu le moins souvent ; avertir l’enfant.
  • Il est parfois essentiel de s’ennuyer.
 
Aménagement de l’espace
 
·        Sécurité
·        Un espace personnel
·        Investissement des coins et meubles.
·        L’environnement doit permettre le mouvement.
·        Tolérance d’un certain désordre et bruit.
 
Y a-t-il des bons et de mauvais jouets ?
 
Le jouet n’est qu’un soutien, il ne fait pas le jeu !
 
Il n’y a donc pas catégoriquement de mauvais jouets.
 
Mais soyons attentifs à certains aspects.
·        Le bon jouet se prête à de multiples usages,
·        en solo ou à plusieurs ;
·        ne requiert aucune condition particulière
·        ne se brise pas au premier choc.
·        De nombreux objets qui ne sont pas classés dans les jouets (foulards, ficelles, casseroles, cartons etc.)
·        Un bon jouet est donc un objet que l’enfant peut transformer à loisir.
 
·        Un jouet est moins bon s’il ne laisse pas d’espace à l’imagination, si tout est prévu pour répondre à l’avance aux questions que l’ enfant se pose.
 
·        S’il ne peut être utilisé que d’une seule manière, s’il ne peut être transformé, etc.
 
« C’est dans l’abondance est la richesse des jeux de la petite enfance que la personne se construit. Le jeu n’est pas un rêve, il est apprentissage du monde, de l’autre, de la relation. C’est avec son aide que l’on grandit et c’est en lui que plongent les racines de la vie antérieure. C’est en jouant qu’il faut entrer dans la vie. » Raymonde Caffari.
 
Et si on rejouait ?
 
Y a-t-il encore de la place pour le jeu en famille ?
 
Jouer doit s’entendre dans un sens large, c’est-à-dire un plaisir partagé sans objectif précis, sans soucis d’efficacité, sans qu’il soit nécessaire d’apprendre des choses ou même qu’il soit question de se défouler.
 Le jeu doit juste être une occasion d’échanges dans le groupe familial.
 
Bibliographie 
 
  • Arfouilloux Jean-Claude, L’entretien avec l’enfant. L’approche de l’enfant à travers le dialogue, le jeu et le dessin, Privat, 1975.
  • Bettelheim Bruno, Pour être des parents acceptable : une psychanalyse du jeu, R. Laffont, 1988.
  • Caffari-Viallon Raymonde, Pour que les enfants jouent, Chiers de l’eesp, 1988
  • Caillois Roger, Les jeux et les hommes, Gallimard, 1958.
  • Chateau Jean, L’enfant et le jeu, Scarabée 1954 (8e éd., 1985).
  • Epstein JEAN, L’explorateur nu, Ed. U NIVERSITAIRES, 1982.
  • Epstein Jean, Le jeu enjeu, A. Collin, 1985.
  • Wallon H., L’évolution psychologique de l’enfant, Armand Colin, 1941.
  • Winnicott D-W., L’enfant et le monde extérieur, Payot, 1957 er Jeux et réalité : l’espace potentiel, Gallimard, 1971.